Comment avoir la nationalité en escaladant les murs?

Après avoir suivi l’actualité, nous vous proposons une courte histoire fictive qui illustre l’ironie de la réponse des autorités face a l’exploit de M.Gassama.

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Après l’entretien du Président de la République avec Mamoudou Gassama, et l’aide sans pareil qui lui a été prodiguée par l’état français, je me suis demandé comment Mamoudou avait obtenu tant de choses grâce à cet exploit ? J’admets sans peine avoir été jaloux de lui au point d’avoir visionné la vidéo de son escalade une centaine de fois. J’ai étudié de près le moindre de ses gestes qui lui ont permis d’arriver au 4ème étage, et je me suis dit que si d’aventure je voyais un enfant accroché à un balcon je commencerais par bouger mon bras droit puis accrocherais mon pied et me propulserais dans cette escalade vers la réussite. Tout ce qui me manque est une vision assez puissante pour voir ce qui se passe autour de moi à tout moment et un corps sportif et endurant afin de mener à bien ma mission. Après avoir revu une énième fois cette vidéo, j’ai placé une échelle au premier étage de mon immeuble et j’ai commencé à m’exercer à monter les marches deux à deux puis trois à trois… Après peu d’effort, déjà je me sentais fatigué. J’ai donc décidé de me diriger vers un club de sport afin d’améliorer mon endurance et de gagner en force physique dans l’espoir d’accomplir un exploit qui me fera gravir les marches du perron de l’Élysée et rencontrer le Président de la République pour enfin obtenir la nationalité qui va me permettre d’accomplir de grandes choses. Je me suis dit que tous ces honneurs ne me seront prodigués que par ma technique d’escalade. J’ai dû faire quelques sacrifices comme arrêter de fumer et de boire et ma première décision fut de me débarrasser de tous mes paquets de cigarette et de donner à mes voisins mes bouteilles d’alcool. A chaque bouteille distribuée, je mesurais la distance entre mon balcon et les leurs comme a pu le faire Mamoudou. Après m’être débarrassé de tout ce qui pouvait de près ou de loin nuire à mon projet, je me suis dirigé vers un photographe dans le but de tirer 100 exemplaires de ma photo afin que je puisse les dédicacer et les distribuer une fois connu. J’ai donc fumé ma dernière cigarette, vêtu ma tenue de sport et me suis dirigé à pied vers le club de sport le plus éloigné afin que je puisse me balader dans la rue et profiter d’une éventuelle occasion de sauver un citoyen en détresse. Mes yeux se baladaient de droite à gauche sur mon chemin qui, je le pensais allait me mener à la gloire. Dans mon club, l’exercice avait lieu deux fois chaque semaine, mais j’insistais auprès de mon entraineur pour venir tous les jours. Il me donnait son accord à la seule condition que je double ma cotisation. Bien sûr, j’acceptais sans réfléchir. Tous les matins, au moment je sortais à l’heure où les enfants se préparaient pour l’école, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’un de ses enfants qui habitait parmi mes voisins refuserait d’aller à l’école, et que, dans un violent conflit avec sa mère, il la menacerait de se jeter du balcon. Là viendrait mon moment. Sur mon chemin encore, arrêté sur les berges de la Garonne, je regardais les fenêtres qui donnaient sur le fleuve et j’étudiais toutes les possibilités d’escalades au cas où un enfant glisserait d’une fenêtre. Mais celles-ci étaient toutes fermées et leurs rideaux baissés. C’était donc sans espoir. Je suis donc retourné chez moi sans succès en ce jour. Mes yeux ne quittaient jamais les fenêtres et les balcons.

escalade mamoudou

Sur le chemin du retour, lorsque je m’arrêtai au feu rouge, je vis une jeune fille sur son vélo, le conduisant à grande vitesse si bien qu’elle perdit le contrôle de son engin et sorti de la route. Si rien n’était fait, elle allait rentrer en collision avec une voiture. Il fallait agir vite. Je m’interposai pour la sauver et je l’attrapai. Dans un fracas qui surprit tous les badauds, nous tombâmes sur l’herbe qui longeait la route. Très vite, les gens s’attroupèrent autour de nous avec les caméras de leur smartphone qui n’avaient rien manqué de mon sauvetage. L’enfant pleura. J’essuyai ses larmes tout en pensant que mon rêve de rencontre du président était proche. Je m’approchai de la foule avec le sourire du héros qui venait de sauver une jeune fille. Cependant, quelque chose d’inattendu arriva. Je vis la haine des gens dans leur regards et entendis des slogans contre le harcèlement de rue. Peu de temps après, la police arriva et se dirigea vers moi, ce qui me fit fait abandonner le rêve de la nationalité et de signer des autographes sur les photos que j’avais tiré. Une des policières me passa les menottes et m’enjoignit à l’accompagner au commissariat au motif que j’aurai commis un harcèlement de rue. Après avoir fait le deuil de mes rêves de gloire, je remerciai Dieu que la police qui m’ait interpelé soit française et non syrienne car cette dernière ne m’aurait jamais laissé sortir vivant de ce poste de police. Je me resignai à ma situation et je pensai à engager un avocat pour me défendre. Mais tout cela ne fit qu’accroître ma jalousie envers Mamoudou…

La rédaction d’occirient

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