Comment analyser la débâcle des pays arabes lors de la coupe du monde 2018 ?

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Le match d’ouverture opposant la Russie à l’Arabie Saoudite s’est soldé par une lourde défaite. Celle-ci pouvait être analysée uniquement du point de vue sportif si elle n’était pas suivie par cinq défaites consécutives des 3 autres équipes arabes (Tunisie Maroc et Egypte). Tout d’abord, les lourdes défaites font partie du football. Mais qu’elles touchent tous les pays arabes sans exception fait de cela une chose singulière. Nous devons donc nous poser la question suivante : quelle est le lien entre ces défaites et les facteurs culturels et psychologiques de nos sociétés ? Cette question est tellement large qu’un simple article ne peut y répondre de manière complète. Cette problématique mérite que l’on s’y penche avec un sérieux qui puisse analyser la construction de nos sociétés, les relations de nos peuples avec la démocratie, la laïcité et la liberté. Il faut aussi voir l’importance que l’on accorde ou pas aux répercutions de nos actions sur nos sociétés. Il faut analyser les facteurs culturels qui ont construit ces sociétés dont sont issues ces équipes qui ne sont même pas capables d’arracher un match nul lors d’une compétition mondiale. Vivre au jour le jour sans vision et avoir peur de soulever les questions épineuses qui ont jalonné notre histoire a créé un manque de confiance en nous qui a donné des peuples qui ne peuvent pas participer à l’œuvre civilisationnelle mondiale.

 

Nous avions l’espoir que les printemps arabes soient des tremplins pour la relecture de notre histoire et la réinterprétation de notre culture afin de construire des sociétés fondées sur des bases démocratiques. Mais ce printemps a montré qu’il est en fait un catalyseur qui a concentré nos frustrations et a radicalisé nos sociétés dans le sens qu’elles empruntaient auparavant. Il a en fait créé un despotisme plus fort sur des sociétés perdues. Ces dernières participent à cela et en sont conscientes. Le point indispensable pour enrichir une culture est de créer des espaces de libertés afin que cette dernière se développe et s’ouvre au monde, dans cet espace le citoyen sera donc un miroir pour sa société. Partant de cette définition et des résultats des pays arabes lors du mondial, nous pouvons nous poser la question sur le chemin que prennent les sociétés arabes qui envoient des équipes de ce niveau les représenter à l’échelon mondial. Nous pouvons dire que les peuples arabes sont victimes du despotisme de leur régimes et que les régimes eux-mêmes sont victimes de leur propre despotisme. Les régimes doivent trouver un moyen de sortir de ce paradigme. La seule porte de sortie reste la liberté qui est impossible sans démocratie et qui permet aux élites politiques et culturelles de prendre des initiatives et de mettre en place des cercles de réflexion pour faire avancer le pays sans avoir peur des conséquences. Les régimes doivent donc retrouver un système de check and balences pour pouvoir se remettre en question et avancer. Nos régimes arabes ont échoué en tout sauf dans la création du mythe du dirigeant tout-puissant pouvant faire tout ce que les autres ne peuvent pas. Nos sociétés ont stagné et suivent le leader aveuglément sans qu’elles ne connaissent le prix qu’elles payeront ensuite, qui est la faillite de l’état au profit des régimes. Ces régimes qui ont nui aux sociétés et qui ont renforcé les appareils sécuritaires, contrôlent tout. Ces régimes font perdre aux citoyens leur confiance en eux. La preuve en est que les joueurs ont essayé de tout donner et ont effectivement tout donné. Mais, cela reste en deçà de ce que l’on doit voir dans une coupe du monde. La différence entre un joueur arabe et un autre est que lorsque les joueurs rentrent sur le terrain, l’Arabe rentre avec la peur au ventre et nous voyons son sentiment d’échec avant même que le match commence. C’est pour cela que leur condition physique se délite, que leurs nerfs lâchent et que le résultat tourne en leur défaveur à la fin du match.

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Sans rentrer dans le débat sur la compétence des sélectionneurs, de leurs tactiques et de leurs choix. Sans même évoquer la compétence des joueurs à exécuter la tactique de l’entraineur, le manque de confiance en soi est le facteur qui permet aux autres équipes de vaincre les Arabes. Et même quand les tunisiens ont égalisé contre l’Angleterre ils n’y croyaient pas et ont commencé à jouer de manière aléatoire jusqu’au but anglais qui les a fait revenir à la réalité. Cette mentalité est le drame que nous vivons et nous devons y remédier.

Pour revenir au printemps arabe, je le vois toujours comme un moment inespéré pour dépoussiérer, relire et mieux comprendre nos sociétés, notre religion et notre culture à la lumière de l’époque moderne. Voilà le premier pas pour refonder nos sociétés et sortir de cette composition qui nous mène systématiquement à la défaite.

Bachar Aboud

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