La montée des populismes en Europe (1/2)

shdpkvp.jpgDes précédents historiques

En Italie, la formation du gouvernement issu de l’alliance entre le mouvement 5 étoiles et de la ligue, est une énième manifestation de la montée des populismes en Europe. Cet évènement a pourtant des précédents. Ainsi, le FPÖ en Autriche- parti formée par d’anciens SS- avait déjà pu participer à une coalition gouvernementale dès 1983 en s’alliant aux sociaux-démocrates (SPÖ). Ailleurs, sans même arriver au pouvoir, des formations d’extrême-droite souvent issues de partis trouvant leur source dans la seconde guerre mondiale, participaient dans les années 1970 à la vie politique comme le MSI (mouvement social italien) descendant du parti fasciste italien. Souvent, ces partis ou mouvements avaient avant tout une fonction de témoignage et leur volonté d’accéder aux responsabilités était faible. On retient surtout d’eux des dérapages verbaux liées à des problématiques davantage mémorielles que politiques comme les déclarations sur les chambres à gaz ou sur le III ème Reich.

Cependant, toutes ces formations ne restaient pas cantonnées au rôle de témoignage. En effet, beaucoup d’entre elles avaient bâti un logiciel idéologique correspondant aux enjeux de l’époque. Ainsi, le parti populaire danois qui a émergé dans les années 1970 critique l’immigration -une constante- mais attaque aussi l’Etat-providence selon un biais libéral qui considère que celui-ci est à l’origine de dépenses inefficaces, mais sans résultats électoraux concluants.

Une influence grandissante

Ces partis qui auparavant avaient un poids marginal dans les vies politiques nationales sont désormais des forces avec qui l’ont doit compter et parfois composer.

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En effet, aux dernières élections tous pays confondus, les scores de l’extrême-droite vont de 0,36 à 26 %, avec 6 pays se situant dans la tranche supérieure débutant à 13,9 %. Parmi eux, des pays d’importance non-négligeables et dont les résultats électoraux peuvent surprendre compte tenu de leur histoire comme l’Autriche et surtout l’Italie qui possède désormais un gouvernement populiste fait d’un mouvement sans étiquette adoptant des positions anti-immigrées, de défiance face aux élites (le mouvement 5 étoiles) et une formation de droite radicale clairement hostile à l’immigration, au mariage homosexuel et en faveur d’une politique sécuritaire, la ligue. De plus, le couple franco-allemand fait également parti des pays parmi lesquelles, selon la formule du politologue Pierre André Taguieff, les droites « nationales-populistes » prospèrent. En France, le front national connaît un essor continu même s’il ne parvient pas à prendre le pouvoir et en Allemagne le tout jeune parti AFD ( alternative for Deutschland) progresse élection après élection. Enfin, les pays qui ne sont pas touchés par la progression des droites radicales ne sont pas épargnés par le populisme. C’est le cas de certains pays de l’Europe du sud comme la Grèce avec Syriza, parti qui a pris le pouvoir avec Alexis Tsipras et Podemos, le parti de Pablo Iglesias qui étend son influence en Espagne.

Un autre signe de cette progression est la disparition du bipartisme dans de nombreux pays européens comme en France où cela avait été la norme durant la V ème République. Pour un pays qui use du scrutin majoritaire à deux tours, censé favoriser les deux partis de gauche et de droite, cela a été une petite révolution. On compte désormais dans plus ou moins chaque pays européen, trois grandes forces politiques qui prétendent accéder au pouvoir. Généralement, les sociaux-démocrates à gauche, les conservateurs à droite, souvent un parti de droite radicale, populiste plus rarement un parti de gauche populiste comme en Espagne, Grèce ou Irlande. Ainsi pour prendre l’exemple de l’Autriche qui illustre bien le schéma actuel, les élections législatives ont vu le ÖPV (le parti conservateur) arriver en tête suivi du FPÖ de droite radicale et du parti social-démocrate SPÖ. Par conséquent, comme souvent dans les pays européens qui utilisent le scrutin proportionnel, un parti de centre-droit ou centre-gauche décide soit de s’allier avec l’autre grand parti de gouvernement, ou dans un cas de figure qui devient de plus en plus fréquent, les forces conservatrices acceptent de gouverner avec la formation de droite radicale. En effet, les partis de droite comme cela a été la tendance en Autriche reprennent la rhétorique identitaire de leur concurrent de droite radicale pour absorber ses électeurs. En France, cela s’est vu notamment sous la présidence de Nicolas Sarkozy, conseillé par Patrick Buisson sur la création d’un ministère de l’identité nationale ou l’utilisation de thèmes jadis utilisés de manière exclusive par l’extrême-droite comme « les racines chrétiennes de la France ». D’une manière générale, non-seulement les idées d’extrême-droite mais aussi populistes irradient les mentalités.

suite dans le prochain article…

El Jai Reda

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