La Françafrique: les différentes facettes d’un système opaque (1/6)

D’après le reportage de LCP « la Francafrique ou la raison d’état » 

Comme l’a dit le Général de Gaulle : « La perfection évangélique ne conduit pas à l’Empire. » En effet après la décolonisation de l’Afrique, la France a su, d’une façon machiavélique, conserver les restes d’un Empire déchu, en soumettant politiquement, militairement et économiquement les nouveaux régimes africains, indépendants qu’officiellement. L’étau se resserre autour de la Françafrique. Mais peut-on dire qu’elle existe réellement de nos jours? Est-elle passée du côté informel de l’État? Est-elle uniquement économique aujourd’hui? Toutes les questions autour de cette notion pour le moins sulfureuse restent une plaie ouverte en Afrique et engendre de la méfiance à l’égard de l’ancienne puissance coloniale. En France, est-elle une volonté de prédation des acteurs économique se croyant en terrain conquis ? Qu’en est-il du coté politique alors ?

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La francafrique ou la nécessaire indépendance énergétique de la France

 La fin 1958 : le Général de Gaulle, dans le cadre du referendum de 1958, propose aux 14 colonies d’Afrique un statut qui leur permettra deux ans plus tard leur indépendance.

Néanmoins dans l’esprit du général de Gaulle cette indépendance ne peut être totale car il en va de l’avenir de la France ; un pays ne peut être une puissance mondiale si il n’est pas indépendant énergiquement.

L’indépendance de ces états inquiète donc le général de Gaulle et les pétroliers car les risques d’instabilité et de guerre sont un obstacle majeur à l’extraction de pétrole. D’autant plus, qu’il faut compter en moyenne sept années entre le moment où on trouve du pétrole et le moment où on l’extraie.

Le général de Gaulle va donc essayer de trouver, à l’intérieur de ces pays, une certaine stabilité pour satisfaire le besoin d’autonomie énergétique de la France. Pour cela, presque toutes les anciennes colonies vont signer avec la France des accords de défense militaire. Officiellement, ces accords stipulent que la France viendra en aide aux présidents signataires en cas d’agression extérieure. charles-de-gaulleNéanmoins des clauses secrètes prévoient que la France peut intervenir si le président est contesté à l’intérieur de son propre pays. En contre partie de cette « assurance anti-subversion », les memes clauses secrètes obligent le pays signataire, à donner la priorité à la France pour l’exploitation des matières premières dites « stratégiques » comme le Pétrole, l’Uranium, le Lithium, le Thorium…etc.

Ainsi le but de ces accords de défense militaire était de protéger les intérêts économiques de la France ; on ne saurait être plus clair.

« La cellule africaine de l’Elysée »

pierre guillaumat
Pierre Guillaumat

L’installation de ce système, que le Président Ivoirien Felix Houphouët Boigny appellera plus tard « Francafrique », va s’appuyer sur deux hommes, dont le Général de Gaulle a pu apprécié le dévouement dans les services secrets de la résistance : tout d’abord, il y a, Pierre Guillaumat, le patron d’Elf qui accepte que la compagnie pétrolière devienne le bras armé de la France et qu’une partie de ces profits colossaux servent à financer les opérations secrètes dans les anciennes colonies et il y a surtout Jacques Foccart qui a été un des artisans les plus actifs du retour du Général de Gaulle en 1958. Il a le titre officiel de secrétaire général de l’Elysée chargé des affaires africaines et malgaches ; il devient le grand ordonnateur occulte de la politique africaine de la France.

 

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Jacques Foccart

Pendant 16 ans, sous les présidences de de Gaulle et Pompidou à la tete d’une centaine de collaborateurs, il va organiser les rapports entre les chefs d’états africains et la France. C’est ce qu’on va appeler « la cellule africaine de l’Elysée ». Cette dernière va opérer en dehors de tout contrôle parlementaire et gouvernemental, au point d’être un état dans l’état court-circuitant les instances étatiques traditionnelles ; un ambassadeur en Afrique rendait compte auprès de Foccart, et non du ministère des Affaires Etrangères, qui n’était au courant de pas grand chose.

 

 

Reda El Jai / Marc de Vergnette de Lamotte

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